Spinoza. : Philosophie pratique PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page de spinoza. : Philosophie pratique PDF de l’édition de 1708. Spinoza rédigée en latin entre 1661 et 1675, publiée à sa mort en 1677 et interdite l’année suivante. La réflexion suit un cheminement qui part de Dieu pour aboutir à la liberté et la béatitude.


La philosophie théorique de Spinoza est une des tentatives les plus radicales pour constituer une ontologie pure : une seule substance absolument infinie, avec tous les attributs, les êtres n’étant que des manières d’être de cette substance. Mais pourquoi une telle ontologie s’appelle-t-elle Ethique ? Quel rapport y a-t-il entre la grande proposition spéculative et les propositions pratiques qui ont fait le scandale du spinozisme ? L’éthique est la science pratique des manières d’être. C’est une éthologie, non pas une morale. L’opposition de l’éthique avec la morale, le lien des propositions éthiques avec la proposition ontologique, sont l’objet de ce livre qui présente, de ce point de vue, un dictionnaire des principales notions de Spinoza. D’où vient la place très particulière de Spinoza, la façon dont il concerne immédiatement le non-philosophe autant que le philosophe ?

Le texte est réputé d’un abord difficile en raison de son écriture qui s’apparente davantage à un traité mathématique à la manière des Éléments d’Euclide qu’à un essai littéraire. Spinoza entreprend d’élaborer un texte synthétisant sa pensée philosophique dès le début de son parcours intellectuel. Le Court traité, redécouvert en 1852, présente un plan similaire à celui de l’Éthique en traitant successivement de Dieu, de l’homme et de la béatitude. Le sous-titre de l’Éthique annonce le recours à une méthode géométrique, comme le texte en possède l’apparence par l’articulation des propositions, définitions, démonstrations, lemmes et axiomes. L’idée d’appliquer une méthodologie inspirée de la géométrie en dehors de ce domaine se retrouve chez d’autres penseurs, mais seul Spinoza l’applique avec rigueur pour un tel sujet.

Cette originalité vaut également par rapport aux autres œuvres de Spinoza : elles n’emploient pas ce style démonstratif. Spinoza que les faiblesses d’une thèse. Le contenu philosophique de l’œuvre ne s’apparente pas à un traité de morale mais bien à une éthique. Pour asseoir sa démonstration sur des bases solides, Spinoza commence sa réflexion par une théorie de l’être.

Il n’existe qu’une substance qui se décline en un nombre inépuisable d’attributs et de modes, une unique réalité autonome, cause d’elle-même, éternelle et régie par la nécessité. Il ne s’agit pas d’une entité capable de modifier les propriétés du triangle ou d’agir sur le réel selon son bon plaisir. Tout ce qui est provient du développement des causes immanentes de Dieu. Le caractère éternel et infini de la substance implique que la nature ne provienne pas d’une création. Elle est cause-d’elle-même parce qu’il est absurde de penser que l’être puisse venir d’une autre réalité que l’être.

Après avoir examiné les propriétés de la substance, Spinoza en vient à s’interroger sur l’étendue et la pensée, préalable à l’examen de la nature humaine et de sa capacité au bonheur. Cependant Pierre-François Moreau préfère traduire le mot mens par âme car il souligne que Spinoza attribue à la fois les facultés de raisonnement et les affects à la réalité mentale. Tout chose pensante est une manifestation d’un attribut de Dieu, de même que toute réalité corporelle correspond à un mode de l’étendue. Spinoza réfute la conception d’une volonté absolue, abstraction née d’une généralisation de volitions particulières. La formation des idées, vraies ou fausses, claires ou obscures, s’explique par l’affection des corps, par l’activité consciente et conceptuelle d’un esprit mû par un corps. Le philosophe défend ainsi une approche réflexive dans la détermination du vrai.

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