Otello de Verdi: Un voyage au coeur de l’oeuvre PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Remanié en 1884, il devient Don Carlo pour la scène italienne. Il serait presque vain d’affirmer que Don Carlos est une œuvre capitale dans l’œuvre otello de Verdi: Un voyage au coeur de l’oeuvre PDF de Verdi, si de nombreux sceptiques, voire des admirateurs de Verdi, n’étaient encore d’un avis contraire.


Otello est l’œuvre magistrale d’un compositeur abouti qui, après un long silence, s’est emparé d’un livret d’exception pour, à soixante-treize ans, transposer et transcender en musique l’un des plus beaux drames de Shakespeare. Le chant porté par un orchestre qui se fait voix traduit de manière incomparable l’immédiat de nos angoisses et de nos désirs, de nos jalousies et de nos espérances pour venir, dans un ultime souffle, magnifier notre vaine quête de piété. S’il retranscrit l’individualisme cruel de nos sociétés modernes, Otello est avant tout la tragédie de la capture réciproque de deux imaginaires découvrant de manière décalée leur écart par rapport à la réalité, à leur réalité. Le Maure à la peau sombre est consumé par la blondeur de son épouse Desdemona qu’il considère tout à la fois comme son salut et sa propriété. La jeune femme fait figure de vierge pure dont la moindre faute fissure l’identité qu’elle renvoie à son époux. De son côté, elle voit en Otello une figure royale, sublimée par leur amour. S’immisçant dans ce jeu de miroir, le scélérat Iago va bâtir un stratagème maléfique et mener nos deux héros vers un destin inexorablement funeste. La collection Un ticket pour… propose un décryptage des grandes œuvres musicales qui y sont présentées, analysées sous leurs différents aspects – musical, vocal, historique. Grâce à une approche à plusieurs entrées et à des bonus audio téléchargeables, la collection s’adresse à un public aussi bien averti que néophyte, chacun pouvant en tirer la « substantifique moelle ».

La compréhension d’une œuvre aussi géniale et complexe que cet opéra n’est pas aisée, d’autant qu’elle appartient à une époque qui n’est plus la nôtre, et que son compositeur a eu le temps, de 1839 à 1893, de changer profondément son style. En 1864, Verdi est un compositeur reconnu du monde entier. Il a fait représenter en 1862 La forza del destino à Saint-Pétersbourg, qui a été un triomphe. Verdi travailla à la partition de 1865 à 1867, non sans peine, d’autant que la guerre qui opposa la France et l’Italie le poussa à vouloir rompre son contrat.

Mais le directeur de l’Opéra tint bon, les répétitions de Don Carlos commencèrent en septembre 1866, et la première eut lieu le 11 mars 1867. L’opéra reçut un accueil mitigé,  d’estime . Paris était l’une des capitales mondiales de l’art à cette époque, et tout particulièrement de la musique. Pour un compositeur, voir triompher à l’Opéra de Paris une de ses œuvres était une consécration. Verdi vint plusieurs fois à Paris, malgré le dégoût qu’il éprouvait pour cette ville et sa vie musicale. Il écrivit à Léon Escudier, à propos de la création anglaise de Don Carlos :  Ainsi, à Londres, on monte bien une œuvre en quarante jours, alors qu’à Paris, il faut des mois pour la monter mal .

Le rythme est lettre morte à l’Opéra de Paris et aussi l’enthousiasme. Verdi va pour la première fois à Paris en 1846, pour retrouver sa maîtresse qui y enseigne le chant. Il est navré par la mauvaise qualité de l’orchestre et des chanteurs. En 1847, c’est sans doute l’attraction exercée par cet opéra sur le monde musical qui le pousse à réécrire Les Lombards, qui deviendra Jérusalem, accueilli platement par le public. 1854, que Verdi accepte la commande d’un grand opéra français, Les Vêpres siciliennes, pour l’exposition universelle de 1855. Avant la première décevante de Don Carlos, Verdi dut endurer la première tout aussi décevante de Macbeth réarrangé en 1865.

Les relations de Verdi avec la France furent toujours ambivalentes, Verdi apportant des chefs-d’œuvre toujours meilleurs à chaque fois. Il lui fallut attendre la fin de sa vie pour y voir de ses yeux des triomphes nets. L’accueil réservé à l’œuvre lors de la création fut assez maussade, les critiques vilipendèrent ce qu’ils appelaient du  wagnérisme , et un critique dit même à propos de l’opéra qu’ un vent fatal venu du nord flétri ces belles fleurs italiennes . Par ailleurs, un des seuls critiques qui apprécia pleinement la partition fut Théophile Gautier qui écrivit :  la force dominatrice qui constitue le fond du génie de Verdi apparaît ici dans la puissante simplicité qui a rendu universellement populaire le nom du maître de Parme, mais soutenue par un déploiement extraordinaire de moyens harmoniques, de sonorités recherchées et de formes mélodiques nouvelles .

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