Le Partage du sensible : Esthétique et politique PDF

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Le sensible est ce qui est susceptible d’être perçu par les sens, ou, plus largement, l’ensemble des impressions et des représentations. Mensonges, malentendus, ambiguïté du langage font qu’on se méfie du discours et qu’on préfère s’en tenir à ce qu’on sent immédiatement être tel que cela se donne à notre perception. Les faits bruts sont estimés plus vrais que tous les discours qui les recouvrent : il y aurait ainsi une  vérité du sensible . Pourtant les sens sont aussi réputés trompeurs : illusions d’optique, flous tout cela interdit de tenir le témoignage des sens pour fiable. Le sensible est tout d’abord ce qui est susceptible d’être senti, ou, plus largement, l’ensemble des impressions et des représentations. Est-ce à dire qu’il y aurait une connaissance sans intervention rationnelle ? On peut le penser car il y a effectivement une évidence immédiate du sensible : la sensation assure le sujet sentant de la réalité de ce qu’il perçoit, elle est l’indice du vrai.

Cette fonction immédiate, dérivée des propriétés biologiques des animaux, a aussi des conséquences éthiques importantes. Comment dès lors trouver dans la sensation le critère d’une vérité de la représentation sensible ? Si donc la vérité est adéquation du jugement à la réalité, cette réalité ne saurait être sensible. En effet, une telle réalité doit être une réalité permanente, i. La thèse platonicienne de la vérité comme adéquation place les Idées au rang de normes destinées à évaluer la vérité des phénomènes. Le phénomène est dès lors ce qui de l’Idée apparaît dans le sensible, la chose phénoménale est donc moins réelle que l’Idée et donc aussi moins vraie . Cette dégradation s’aggrave avec la mimésis artistique, encore moins réelle et encore moins vraie que l’objet phénoménal.

L’essence comme immanente est donc alors une vérité eidétique contenue dans les phénomènes, pour autant, il n’y a pas de vérité du sensible en tant que le sensible ne nous fait connaître que des cas particuliers, i. Il est donc assuré qu’il n’y a de vérité que par l’exercice du jugement, celui-ci peut prendre pour objet le sensible mais c’est toujours au jugement qu’il appartient de déterminer la vérité ou la fausseté. C’est donc dire que l’erreur vient d’une précipitation du jugement et non de la chose ni de la représentation sensible, c’est là l’argument qu’avance Descartes. Il ne faut donc pas douter qu’il y ait une réalité dont témoignent les sentiments qui après tout sont des  façons confuses de penser . Mais il appartient alors à la science de rendre clairement compte de cela puisque ces sensations procèdent bien d’un processus physiologique. On pourrait ici objecter la thèse avancée par Épicure qui affirmait que  si la sensation est toujours vraie, c’est le jugement qui se trompe . Une telle activité ne peut relever que d’un acte de l’esprit, autrement dit, comme le dit Kant juger c’est penser.

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