Le droit au respect de la vie privée du travailleur : Etat des lieux PDF

Selon Claude Zilberberg , le paradigme le droit au respect de la vie privée du travailleur : Etat des lieux PDF la responsabilité est à construire. Cependant la responsabilité est sans cesse évoquée dans nombre de débats contemporains.


La responsabilité renvoie à la figure du « vis-à-vis ». Liberté et responsabilité sont très impliquées et la responsabilité serait la condition de la vraie liberté et comme l’a dit Victor Hugo, « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ». S’appuyant sur les fondements de la responsabilité éthique, cet article propose une réflexion centrée sur les divers aspects de la responsabilité éthique professionnelle, sans sous-estimer les implications économiques, sociales, voire environnementales, qui influencent le rapport des droits et des devoirs des travailleurs sociaux. RESPONSABILITE ETHIQUE : RAPPEL DES FONDAMENTAUX Résumons brièvement qu’étymologiquement, le terme « responsabilité » provient du verbe latin respondere qui signifie obligation de « répondre », se porter « garant ». Ce mot trouve aussi son origine dans la racine latine sportio qui recouvre l’idée de se porter caution, d’être garant d’événements qui vont se produire, de se référer à un mécanisme projectif, tourné vers l’avenir. Sous le premier aspect, être responsable, c’est apporter son concours à une autre personne, ce qui suppose fraternité et solidarité, une relation éthique.

Le « je veux » précède « je dois ». Mais la responsabilité se situe surtout par rapport aux autres. C’est les assumer avec leurs demandes. Sous le second aspect, être responsable, c’est être redevable de ses actes devant la loi, dans une relation juridique. Dans « l’Éthique à Nicomaque  », Aristote pose le principe de la responsabilité, il affirme que l’homme doit répondre de ses actes dès lors qu’il en a pris l’initiative et qu’il est même responsable de son irresponsabilité. Les travailleurs sociaux peuvent-ils s’accorder – en dépit de leurs identités professionnelles différentes et de leurs emplois très variés – sur cette question majeure de la responsabilité éthique ? La réponse devrait être positive puisque le travail social postule le principe de la primauté et de la valeur de la personne, de sa singularité En ce sens, ils rejoignent P.

RESPONSABILITE ETHIQUE ENVERS LES USAGERS : UN ENGAGEMENT Pour le professionnel, à cette responsabilité personnelle s’ajoute celle de la fonction. La responsabilité éthique personnelle se conjugue en effet avec la responsabilité éthique professionnelle. Le pouvoir concerne la capacité de modification appliquée à « l’espace-temps » humain. Au commencement est la relation », selon la formule de Bachelard, et la relation est en écho à celle de réciprocité des personnes, celle de responsabilité exercée unilatéralement de l’un sur l’autre. Cette responsabilité est chaque jour en oeuvre en même temps qu’elle est anticipative et se conjugue avec « le futur antérieur ».

Car l’étendue de la responsabilité suppose une grande lucidité qui voit bien au-delà de l’immédiateté, pour anticiper des conséquences lointaines dans le temps et l’espace. Or, bien souvent, face aux situations difficiles, on observe que les notions de responsabilité, de culpabilité, de défense, sont confondues les unes avec les autres. UNE RESPONSABILITE ETHIQUE PARTAGEE La responsabilité du travailleur social s’exerce avec d’autres, dans un métier qui a ses attendus et sa propre culture, et dans des institutions qui ont leur cadre de références. Au sein de l’institution employeur, l’exercice de la responsabilité est le fait de tenir son poste de manière optimale, et la responsabilité éthique partagée est à la fois dans l’institution envers la personne, et de l’institution envers la société. Au sein de l’obligation institutionnelle pour le travailleur social – qui comprend de mener des actions répondant aux problèmes des personnes, de s’acquitter des tâches nécessaires et de répondre de leur exécution à l’autorité compétente, suivant des critères établis -, la responsabilité éthique est une charge à assumer, qui prend garde à la réalisation des personnes vis-à-vis desquelles on est moralement engagé, tout en prenant en compte leur histoire, la mémoire du passé et le projet. La responsabilité contractuelle du travailleur social envers l’institution pose le problème de la liberté formelle et de l’autonomie réelle. Toute pratique professionnelle s’inscrit dans un cadre et la qualité de ce cadre conditionne la qualité de la pratique.

Le travail social nécessitant une relative autonomie technique, pour pouvoir être responsable, il lui faut avoir la liberté de ses actes et les capacités d’exercer cette responsabilité. Celle-ci nécessite de définir des missions claires et d’avoir une éthique de service. Il y a bien responsabilité par la mission confiée, sous la forme à accomplir selon les règles, ce qui touche à l’organisation comme à la mise en oeuvre des réponses. Pour synthétiser, dans la hiérarchie des décisions, il y a une échelle de la responsabilité, des degrés de responsabilité. Ainsi, dans les institutions, structures de plus en plus complexes, la « relationalité »  est au coeur de la rationalité, et les deux se conjuguent dans les réponses éducatives, cliniques, juridiques, sociales.

Il s’agit de s’engager et d’assumer collectivement une charge et d’en répondre ensemble, sans pour autant qu’il y ait dilution des responsabilités. L’institution sociale s’inscrit dans la société par la médiation de ses missions. De plus, lieux intermédiaires où se repèrent les facteurs de crises et de difficultés sociales à traiter soit au titre de l’action préventive, soit au titre de suivi d’une intervention, les institutions sociales constituent le maillon indispensable d’une grande chaîne de la solidarité. Ainsi, en développant une intervention sociale avec les valeurs qui la sous-tendent, en réfléchissant à la prise en compte des causes des crises appelant l’intervention et en menant une recherche professionnelle sur les difficultés qu’ils rencontrent, le travail social et les institutions sociales prennent la responsabilité éthique de contribuer à l’humanisation de la société, de concert avec les finalités du milieu associatif, syndical, les collectivités locales et l’État. VIS-A-VIS DE LA SOCIETE Si la responsabilité individuelle est la forme originelle de la responsabilité car elle découle de la conscience elle-même, la responsabilité collective en est la forme sociale.

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