Le bûcher de Saint Enoch (Grasset Noir) PDF

Un sorcier ou une sorcière est une personne qui pratique la sorcellerie. On rapproche ce dernier du vieil irlandais bricht  formule magique, incantation  et du vieux breton brith  magie . Médée sort le bûcher de Saint Enoch (Grasset Noir) PDF’une nuée, portant un stylet et un flambeau, un serpent à ses pieds. Sous elle, Jason, devant le cadavre de ses deux enfants, s’apprête à tirer son épée.


« Le corps grâcieux et roide de Mme Fulerton avait découvert par Ian Ridell, au sommet du plus imposant des terrils du carreau Whiffet, à dix kilomètres à l’est de Glasgow. Je m’étais rendu sur place vers huit heures en compagnie du chief constable, Dougal Buchanan, échalas aimable et rouquin. McEvan, son adjoint, venait de nous rejoindre. Selon le légiste, la mort par hémorrragie était survenue quelques minutes après les coups de feu, la veille entre vingt heures et minuit ». Le détective Joe Hackney n’a qu’une envie : retourner à Londres officier pour « le Yard », quitte à laisser dans la brume écossaise sa compagne du moment. Mais quand on retrouve le corps d’une femme de la bourgeoisie sur le haut d’un terril, qu’on soupçonne son amant, chef du syndicat des mineurs, d’avoir commis ce crime atroce, et que cinq cadavres carbonisés sont découverts dans les restes d’une église en cendres, le détective comprend qu’il ne s’agit pas d’affaires isolées, et que son départ devra attendre la résolution de cette enquête. Enfin, entre les grèves minières et les secrets d’alcôves, les lambris des puissantes loges franc-maçonnes et la fournaise des fonderies, Joe Hackney dérive, cherche une vérité qui semble se balader entre les bas-fonds de la grise capitale et les salons chics de la haute société. Serial killer, machination ou règlements de comptes sanglants ? Gilles Bornais nous mène avec virtuosité dans les rues sales et bruineuses du Glasgow de 1889 et dresse un mortrait grinçant de la société écossaise.

Il est difficile d’avoir une vision exacte de la pratique de la sorcellerie dans l’Antiquité. Celle-ci était en effet réprouvée, voire interdite. La Lex Cornelia interdisait sa pratique et condamnait à mort ceux qui s’adonnaient aux pratiques de sorcellerie :  les devins, les enchanteurs et ceux qui font usage de la sorcellerie à de mauvaises fins, ceux qui évoquent les démons, qui utilisent la magie noire, qui bouleversent les éléments, qui, pour nuire, emploient des images de cire, seront punis de mort. Mécène conseille à Auguste de repousser les adeptes des religions des étrangers :  C’est d’eux que naissent la conspiration et les sociétés secrètes, dangereuses pour le règne d’un monarque. Dans L’Odyssée, Homère évoque l’enchanteresse Circé, qui transforme les compagnons d’Ulysse en porcs. Certaines régions et certains lieux, considérés comme des points de passage vers le monde infernal, y étaient associés : marais, lacs, cimetières.

Plusieurs personnages mentionnés dans la littérature en sont originaires : Erictho, sorcière thessalienne, est un personnage important du livre VI de la Pharsale de Lucain. Pamphile est un personnage des Métamorphoses d’Apulée, et habite en Thessalie. L’Esquilin, une des sept collines de Rome où se trouvait avant l’Empire le cimetière des pauvres. Aquarelle montrant trois sorcières vêtues de blanc chevauchant des balais, volant au milieu de troncs d’arbres rouges, au pied desquels se trouvent trois loups noirs. Au début du Moyen Âge, Clovis promulgue la Lex Salica condamnant les sorciers à payer de fortes amendes. Le code de Charlemagne prévoit également des emprisonnements pour les adeptes de sorcellerie.

Mais c’est en 1326, par une bulle pontificale du pape Jean XXII que commence la persécution par les autorités chrétiennes des sorciers, qui s’étale sur près de quatre siècles :  Nous apprenons avec douleur l’iniquité de plusieurs hommes, chrétiens seulement de nom. Ils traitent avec la mort et pactisent avec l’enfer, car ils sacrifient aux démons. Satan eut ses prêtres : ce furent les sorciers. Seigneur, les femmes, qui en étaient exclues, allèrent en plus grand nombre vers son rival obscur, qui les accueillait de préférence. En réalité, les femmes n’étaient pas « exclues du service du Seigneur », puisque de très nombreux monastères étaient des couvents de religieuses. Seigneur » n’a d’ailleurs pas empêché des prêtres et des nonnes d’être accusés de sorcellerie, comme dans l’affaire des « possédés de Loudun ».

Gravure médiévale montrant deux hommes attisant un bûcher sur lequel brûlent trois femmes. L’une d’elle est saisie par un dragon qui sort d’un nuage. Ce sont le processus judiciaire et la tradition livresque qui permettent de développer ce stéréotype. Au cours des procès dirigés contre les sorcières ou les magiciens, des croyances se développent. Summis desiderantes affectibus en 1484, suivi d’un manuel démonologique, le Malleus Maleficarum, écrit par deux inquisiteurs dominicains, Heinrich Kramer et Jacob Sprenger. Les exécutions des sorcières sont légitimées par les aveux que les inquisiteurs leur arrachent, souvent sous la torture ou par le biais de promesses mensongères. Jean Bodin cautionne ces abus de confiance :  C’est chose vertueuse, nécessaire et louable, de mentir afin de sauver la vie des innocents, et il est condamnable de dire la vérité qui pourrait détruire.

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