La Jeunesse de Napoléon PDF

La Chartreuse de Parme est un roman de formation : c’est dire que le roman nous fait assister à l’évolution d’un personnage qui, au gré d’aventures diverses au cours desquelles il se cherche, finit par se trouver et se constitue sous nos yeux en tant que  héros. S’il n’est pas évident que Fabrice soit toujours le « héros » de La Chartreuse de Parme, c’est néanmoins autour de lui que s’articulent les premiers chapitres. Fabrice appartiennent à un passé déjà mythique : le Milan de 1796 où pénètre l’armée la Jeunesse de Napoléon PDF se réveille soudain aux sons joyeux de ces soldats en guenilles, tous jeunes et enthousiastes, et commandés par un général qui n’a pas vingt-sept ans. Fabrice fait naturellement émerger l’enseignement superstitieux de l’abbé Blanès qui nourrit sa conviction héroïque d’une secrète connivence des choses.


Soldat et homme politique, artiste et héros romantique, bourgeois et roi prolétaire, Napoléon est un personnage difficile à cerner. Si les Français le comprennent mal, c’est parce qu’ils le prennent pour un des leurs. Détracteurs ou apologistes oublient l’essentiel : Napoléon est Corse ! Et ses contradictions prennent leur source dans la première moitié de sa vie : les années d’enfance à Ajaccio dans la maison familiale, les études sur le continent, à Brienne puis à l’École militaire de Paris, la découverte de la vie de garnison à Auxonne, le retour parmi les siens, le vent de la Révolution qui balaie tout sur son passage, son poste de lieutenant-colonel dans la garde nationale d’Ajaccio avec Pascal Paoli pour modèle, avant le départ précipité en juin 1793, définitif… Cette période fondatrice dans la vie du futur Empereur, qui a souvent été l’objet de romans ou d’approximations, valait la peine d’être revisitée avec rigueur, justesse et honnêteté. On rencontrera dans cet ouvrage un enfant ayant grandi loin des siens. On y croisera aussi un jeune homme profondément marqué par la mort d’un père qu’il a peu connu, devenu le véritable chef de sa famille. On découvrira enfin que les relations qu’il a nouées sur l’île ont beaucoup compté dans sa formation et dans son destin. Parmi les rencontres et les amitiés révélées dans cet ouvrage, il en était une particulièrement mal connue. C’est celle qui devait lier la famille Bonaparte, puis Napoléon lui-même, au vieux général Paoli, avant de s’envoler dans la fumée des combats de l’été 93.

Son attention à tous les signes qui émaillent sa route laisse croire qu’un destin spécial lui est réservé. Fabrice, couvée par sa tante, est marquée par la contemplation lyrique autant que par la rêverie héroïque : il s’enchante ainsi des vieilles prouesses des héros, s’abîme dans la lecture du Tasse et de l’Arioste comme Don Quichotte dans celle d’Amadis de Gaule. Ainsi rien ne manque à « notre héros » pour figurer dignement parmi les grandes figures de l’épopée. Il nous faut de plus près en considérer les raisons. Notre impression de désordre, la dérision constante du narrateur à l’égard de son personnage orientent délibérément notre lecture vers une démythification de la bataille de Waterloo.

La plus grande discordance entre l’idée et la réalité est le temps, le déroulement du temps comme durée. Homère et son grandissement systématique par l’hyperbole des actions et des personnages. Fabrice est tantôt rêveur et distrait, tantôt curieux de détails dérisoires dont il ne parvient pas à saisir l’origine. Stendhal ces « intrusions d’auteur » qui le font juger ses personnages et établir une sorte de connivence ironique avec le lecteur.

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