La France démocratique : Combats, mentalités, symboles: Mélanges offerts à Maurice Agulhon PDF

It Shoots Further Than He Dreams, John F. L’antimilitarisme est une idéologie qui s’oppose au militarisme, dans ses dimensions hiérarchiques et autoritaires, mais aussi bellicistes et nationalistes. Pour ses partisans, la guerre est inhérente au capitalisme et au colonialisme. La France démocratique : Combats, mentalités, symboles: Mélanges offerts à Maurice Agulhon PDF Gran Enciclopèdia Catalana est plus précise :  Mouvement d’opposition à la domination de l’armée sur l’administration de l’État dans ses deux aspects : intérieur avec la militarisation de la société, et extérieur par une politique internationale agressive.


Maurice Agulhon a profondément renouvelé l’historiographie contemporaine par ses travaux consacrés à la sociabilité, à la république et à la symbolique. Ces mélanges constituent un panorama des recherches en histoire contemporaine depuis un quart de siècle. « Copyright Electre »

Selon le Dictionnaire historique de la Suisse :  L’antimilitarisme s’oppose à la prépondérance des valeurs, des intérêts et des institutions militaires dans l’État et la société. Il n’implique pas a priori le refus de l’armée, à la différence du Pacifisme, dont il se rapproche cependant souvent. Pour l’Encyclopédie anarchiste :  Comme le mot l’indique, l’Antimilitarisme a pour objet de disqualifier le militarisme, d’en dénoncer les redoutables et douloureuses conséquences, de combattre l’esprit belliciste et de caserne, de flétrir et de déshonorer la guerre, d’abolir le régime des Armées. Pour Marc Ferro dans son Histoire de France :  Volontiers associé à l’anticléricalisme, l’antimilitarisme est, à l’origine, lié plus directement à l’évolution des régimes politiques. Il apparaît à la chute de Napoléon lorsque l’ordre militaire est discrédité et que le soldat semble comme une survivance du passé, destinée à disparaître. Un antimilitarisme populaire fait son apparition et se développe, mais à part un secteur limité de pacifistes intégraux, il s’agit d’abord d’une lutte contre le militarisme, c’est-à-dire contre l’utilisation de l’armée au service du jeu international et colonial de la classe dirigeante et contre la structure quasi-féodale de la hiérarchie.

La guerre de 1914-1918, ressentie par la majorité de la population comme une guerre pour la défense de la nation, et non pas comme une lutte entre deux impérialismes, a fortement affaibli l’antimilitarisme et cela d’autant que l’Entente est victorieuse. Ernest Girault, La Crosse en l’air, 1906. Le rôle de l’armée dans la répression de la Commune de Paris et son utilisation répétée dans la répression des grèves ouvrières nourri un antimilitarisme ouvrier. Comme le précise Georges Sorel la même année dans Réflexions sur la violence :  Le syndicalisme se trouve engagé, en France, dans une propagande antimilitariste qui montre clairement l’immense distance qui le sépare du socialisme parlementaire sur cette question de l’État. L’affiche du Groupe des conscrits de la Fédération communiste anarchiste, octobre 1912. Il s’agit pour ces militants de miner la société capitaliste en cherchant à affaiblir et démoraliser sa principale institution défensive, l’armée. En 1886 en France, Joseph Tortelier, Émile Bidault, Octave Jahn, etc.

Ligue des antipatriotes en opposition à la Ligue des patriotes. La même année, le général Boulanger crée le Carnet B, instrument principal de surveillance des  suspects , français ou étrangers, sous la Troisième République. En juin 1904, se tient le Congrès antimilitariste d’Amsterdam, organisé par Domela Nieuwenhuis qui débouche sur la création de l’Association internationale antimilitariste. En octobre 1912, une quarantaine de jeunes militants libertaires refusent publiquement la conscription et se réfugient à l’étranger. La Guerre Sociale, 1er août 1914, au lendemain de l’assassinat de Jaurès.

En France, le courant antimilitariste s’exprime principalement dans un journal hebdomadaire, La Guerre sociale, fondé en décembre 1906, par Gustave Hervé, pour promouvoir une stratégie de  concentration révolutionnaire  centrée sur un antimilitarisme  insurrectionnel . Le journal connait un succès grandissant jusque vers 1912 où il fléchit. Le journal n’est pas opposé à la guerre, pourvu qu’elle soit révolutionnaire : si l’effondrement du capitalisme et la révolution prolétarienne sont inévitables et imminents, il faut se montrer conséquent, renoncer à tout légalisme, faire tout pour s’y préparer, se préparer à la violence notamment par  l’action directe . Le courant antimilitariste, si intransigeant et véhément pendant les années d’avant guerre, doit affronter en juillet 1914, l’épreuve du réel qui va le dissoudre en une débandade soudaine accompagnée de reniements. Mi-juillet à Paris, la SFIO tient un congrès largement consacré à la question de la grève générale en cas de mobilisation. Fin juillet éclate la Première Guerre mondiale. La CGT rappelle sa thèse officielle, la grève générale, mais les dirigeants sont tenaillés par la peur, les hésitations.

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