L’invention de l’enfance inadaptée PDF

Sur des thèmes proches, lire deux autres de mes articles repris en partie de celui-ci, La rupture migratoire et Identité, rupture et dynamisme, ainsi qu’un article beaucoup plus récent, L’affolement identitaire. Ce texte a servi de base à une conférence donnée le 11 décembre 1998 dans le cadre des Amphis de l’A. L’identité se construit On l’invention de l’enfance inadaptée PDF avoir l’impression que l’identité personnelle est « donnée », qu’on « naît avec ».


Fruit d’une recherche collective, cet ouvrage montre comment le secteur de l’enfance inadaptée s’est structuré aux confins de l’assistance, de l’éducation, de la justice et de la médecine, comment cette évolution s’est concrétisée dans le quotidien, à travers une expédition dans la mémoire et l’histoire de l’établissement Saint-Simon à Toulouse. À Saint-Simon dans les années 50, bien plus tôt que presque partout ailleurs, s’inaugure, avec l’arrivée d’André Chaurand venu de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban, un changement significatif : un éloignement d’avec l’univers des « bonnes œuvres » au profit d’un certain professionnalisme et d’une perspective largement ouverte sur le monde extérieur. En témoignent, par exemple, le rapprochement avec l’Éducation nationale, l’appel élargi aux sciences de l’homme et de la société dans une démarche de transdisciplinarité ou encore l’émergence d’un nouveau modèle de formation pour les éducateurs, l’alternance au quotidien. Maurice Capul est docteur d’État ès lettres et sciences humaines, psychologue.

On ne choisit en effet ni son sexe, ni sa famille. Sexe et liens familiaux constituent ensemble l’état civil, c’est-à-dire l’ossature universelle de l’identité imposée. Toutefois, même si cette identité « objective » est largement assignée au sujet, déterminée biologiquement et socialement dans ses traits essentiels, elle doit faire l’objet d’une appropriation subjective, longue et aléatoire, qui ne se consolide guère avant la fin de l’adolescence. L’identité « objective » ne prend sens et forme pour le sujet qu’à travers l’élaboration d’un sentiment identitaire de nature psychologique. Certaines étapes de la vie induisent invariablement des évolutions identitaires, plus ou moins fortes, plus ou moins difficiles, positives ou négatives. La suite de cette réflexion ne portera que sur la dimension sociale du sentiment identitaire. Identité et appartenance Traditionnellement, la dimension sociale de notre identité est assurée par un sentiment d’appartenance à des groupes sociaux plus ou moins larges, dans lesquels notre généalogie nous a objectivement inscrit.

Dans les formations sociales les plus archaïques, cette appartenance est fortement inculquée, souvent de façon très violente. Les rites d’initiation, qui symbolisent cette inscription sociale de l’individu, passent fréquemment par l’imposition d’épreuves sévères. Dans des sociétés plus complexes, cette contrainte sociale prend des formes moins violentes et moins ritualistes. La contrainte n’en demeure pas moins présente, inscrite dans les réalités objectives de la biologie et de la généalogie. La rupture migratoire L’émigration, comme tout changement important de la position sociale objective du sujet, met inéluctablement en cause les sentiments sociaux d’appartenance, et partant de là le sentiment d’identité. Les autres grandes composantes de l’identité personnelle subissent très souvent le contrecoup du changement de l’environnement social du sujet.

This entry was posted in Romans et littérature. Bookmark the permalink.