L’Espagne au XXIe siècle : Société, politique, économie PDF

Ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’on peut réellement parler de pègre ou de milieu marseillais. Unis, finalement démantelé par les l’Espagne au XXIe siècle : Société, politique, économie PDF franco-américaines à l’aube de la décennie suivante. Il n’y a officiellement jamais eu de mafia au sens habituel du terme à Marseille. Cependant, la France connait bien une mafia qui s’est développée dans la continuité du colonialisme et du gaullisme, la mafia corse.


Dix-huit gouvernements et autant de parlements, cinq langues officielles, l’une des constitutions les plus jeunes de l’Europe occidentale, un pays catholique qui n’a pas hésité à légaliser le mariage pour les homosexuels, un pays d’émigrés qui accueille de nos jours le plus important flux d’immigrés de l’Union européenne, le pays européen où le terrorisme (séparatiste et islamiste) a frappé le plus violemment, une croissance économique supérieure à la moyenne européenne et l’un des plus forts taux de chômage… L’Espagne d’aujourd’hui est un pays parfois difficile à saisir dans toute sa complexité. Ce livre cherche à donner les clés de compréhension de cette réalité mouvante : le système politique, les problèmes de société, la structure économique. En faisant le tour des questions d’actualité qui occupent les pages des journaux espagnols, ce manuel devient un outil indispensable pour tous les étudiants qui doivent travailler sur l’Espagne contemporaine et pour toutes les personnes qui s’intéressent à la réalité changeante de ce pays.

Jaime Hernández Yáñez est professeur agrégé d’espagnol à l’université de Toulouse-Le Mirail. Né à Madrid en 1965, il a vécu en direct les grands changements de la société espagnole lors de la Transition démocratique, avant de quitter les derniers sursauts de la «movida» madrilène pour travailler en tant qu’interprète de conférence auprès de la commission européenne. Diplômé en Langues romanes et en Lettres classiques, il est aujourd’hui enseignant de civilisation espagnole contemporaine, langue espagnole et traduction littéraire et spécialisée.

1930, infiltré à l’époque dans les sphères politiques et répressives et s’appuyant sur un système clientéliste et communautaire. Pour lui, les gangs corso-marseillais ne sont d’ailleurs pas des mafias à proprement parler car leurs modes d’organisation sont loin d’être aussi bien structurés que les organisations mafieuses italiennes et nord-américaines. Avant les années 1880, Marseille connait une criminalité locale plutôt classique composée de délinquants peu organisés. La ville est très loin de l’image violente qu’elle inspire dans l’inconscient collectif des années 1930. Or, le blanchiment d’argent est quasi-inexistant à Marseille jusqu’à l’entre-deux-guerres. Les bandits de grand chemin, bien présents à Marseille et ses alentours sous la Révolution, perdurent de façon endémique sous le Premier Empire. Entre 1820 et 1870, les grappillages portuaires engendrent un marché dynamique de marchandises volées et d’alcool de contrebande.

Si les mieux organisés et les plus sophistiqués sont sans doute les faux-monnayeurs, cette criminalité parait à l’époque, tout comme les bandes parisiennes de la Restauration, limitée et sous contrôle des autorités. Selon l’imaginaire populaire, comparable aux apaches parisiens, il rôde la nuit dans les vieux quartiers devenus des coupe-gorges dans le but de détrousser les passants. Pourtant, les nervis ne semblent pas être les ancêtres du milieu marseillais tel qui apparait au siècle suivant. Les nervis ne sont d’ailleurs pas les acteurs dominants de la criminalité marseillaise de l’époque. 1880-1890 et à l’essor de la demande de biens de consommation et de loisir. Parallèlement, les lois se durcissent pour endiguer ces phénomènes : le délit de  vagabondage spécial , qui vise les souteneurs et les bonneteurs, est promulgué en 1885, puis une loi de 1893 interdit les paris sur les courses tenus en dehors des hippodromes par les bookmakers clandestins. Si la criminalités était jusque-là cantonné à des bandes locales, le grand banditisme marseillais évolue radicalement durant l’entre-deux-guerres.

Les parrains Paul Carbone et François Spirito. Si la criminalité a grimpé depuis les décennies précédentes, Marseille bénéficie dans les années 1920 d’une image plutôt positive dans une époque en quête d’aventures et d’horizons lointains. Les années 1930 annoncent aussi l’émergence des machines à sous dans les bars, l’apogée de la prostitution illégale et l’essor du trafic de stupéfiants à un moment où la demande outre-Atlantique se fait de plus en plus forte. Marseille transite déjà l’opium venu de Chine et du Levant et en partance pour les États-Unis.

La police marseillaise est démunie : elle ne peut quadriller tous les quartiers et, mal équipée, elle a du mal à arrêter des criminels très mobiles. Les faibles perspectives de carrière dans les forces de l’ordre favorisent aussi la corruption et les ententes entre agents et trafiquants. Cette connivence entre truands et politiques est particulièrement marquée par les relations entre Simon Sabiani, premier adjoint à la mairie de 1929 à 1935, et deux figures montantes de la pègre locale, l’Italien François Spirito et le Corse Paul Carbone. Spirito et Carbone connaissent leur heure de gloire en 1936 quand ils parviennent à faire rentrer 34 tonnes de parmesan italien dans la ville malgré l’embargo français contre les marchandises transalpines. Face aux deux parrains va rapidement s’élever un clan rival, les frères Guérini, corses eux aussi.

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