L’Atelier du cosmographe : ou l’Image du monde à la Renaissance PDF

Angoulême et mort le 23 novembre 1590 à Paris. Peu porté sur la religion, il préfère dévorer les livres et voyager. Protégé par François Ier, ainsi que par les La Rochefoucauld et les Guise, il commença par voyager en Italie, chargé de diverses missions par ses protecteurs. En 1549, grâce à l’argent l’Atelier du cosmographe : ou l’Image du monde à la Renaissance PDF Cardinal Jean de Lorraine, il embarque pour le Levant.


Cette étude retrace la genèse de l’oeuvre d’André Thevet (1516-1592), pèlerin de Jérusalem et voyageur au Brésil, géographe des derniers Valois.
Princes et navigateurs président à une révolution cosmographique qui s’opère au tournant du XVIe siècle et qui, changeant le regard sur le monde, transforme le monde lui-même. La cosmographie est un projet culturel. Quelques idées forces traversent une somme documentaire rassemblée au fil d’une vie de savant : primauté de l’expérience sur les autorités, souveraineté d’un regard ubiquiste enveloppant instantanément le globe terraqué, préférence accordée parmi les sources aux écrits techniques et « populaires » des pilotes et des marins définissent moins une méthode que la résistance opposée par un homme nouveau à la culture humaniste des doctes dont l’âge classique va consacrer le triomphe.
En privilégiant une terre à découvrir, le Brésil, ce livre dessine à travers le monde des amazones, des cannibales et des monarques, un espace qui est à la fois mémoire légendaire et théâtre d’action politique. Inventaire de l’inconnu, une carte offre les ignorances d’un temps où les trésors de l’Humanité sont repris par les héritiers. Une civilisation s’évalue à ses cartes : elles montrent sa perception de l’Autre ainsi que l’image qu’elle se fait d’elle-même. À l’égal de Dieu, le géographe crée un univers.
Frank Lestringant, professeur de littérature française de la Renaissance à l’Université de Lille III, est aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs de l’Humanisme et de l’imaginaire des grandes découvertes.

Il séjourne près de deux ans à Constantinople, peut-être comme informateur pour la France. En 1552, il quitte Constantinople et part pour l’Égypte et le mont Sinaï puis la Palestine et la Syrie. De retour en France, il fait paraître le récit de ce voyage, en 1554, sous le titre de Cosmographie du Levant. Malade, il devra cependant rentrer en France après seulement 10 semaines passées sur place. 1557, sous forme d’un nouveau livre Les Singularitez de la France antarctique, le compte rendu des observations qu’il a pu faire des pays et peuples vus durant son voyage au Nouveau Monde.

Il suscitera aussi imitations et polémiques. Les nombreuses références à l’antiquité gréco-latine seront un moyen constamment réitéré de réduire l’étrangeté première des  sauvages  à la familiarité des textes classiques. La qualité des 41 illustrations sur bois gravés de la flore, de la faune et des rituels des Tupinamba assure le succès de l’ouvrage à la cour et parmi les amateurs de curiosités. Il obtient d’être affranchi de son ordre monastique en janvier 1559. Il se fixe rue de Bièvre, dans le quartier Latin à Paris, et devient en 1560  cosmographe du Roy , c’est-à-dire géographe officiel, et au début de 1576 l’un des aumôniers de Catherine de Médicis. Ces collections naturalistes et ethnographiques témoignent de son désir constamment réaffirmé d’assurer la primauté de l’expérience sur l’autorité.

Il travaille à partir de 1566, au projet très ambitieux, d’une encyclopédie géographique universelle distribuée selon les quatre continents. C’est en historiographe qu’il fait paraître, en 1584, les Vrais portraits et vies des hommes illustres en huit volumes. Son ambition est immense, puisqu’il se propose de traiter de tous les grands hommes de toutes les régions qu’il a visitées. Les ouvrages de Thevet ont été mal accueillis par les doctes de son époque.

Cette mauvaise renommée se renforce avec le début des troubles civils. Après s’être rallié ostensiblement au duc de Guise lors de la première guerre de Religion, Thevet tente de louvoyer entre les deux camps. Longtemps les naturalistes et en premier lieu les botanistes l’ont cité avec révérence, notamment en ce qui concerne les réalités exotiques de l’Amérique et tout particulièrement du Brésil. André Thevet donne une description précise de l’usage du  tabac  par les indiens. Il en ramènera des graines en France qu’il sèmera dans sa région natale d’Angoulême et baptisera la plante  herbe angoulmoisine . Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource qu’ils l’estiment merveilleusement profitable à plusieurs choses.

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