Joseph Ratzinger et l’Église: La place des nouveaux mouvements PDF

Armoiries de l’Inquisition espagnole : de part et d’autre de la croix symbolisant le caractère spirituel de l’Inquisition, sont représentés le rameau d’olivier symbolisant la grâce et l’épée symbolisant le châtiment. Bien que la peine de mort puisse être prononcée, elle joseph Ratzinger et l’Église: La place des nouveaux mouvements PDF l’a été que très rarement puisqu’Anne Brenon, spécialiste du catharisme, estime à 3 000 le nombre de peines de mort prononcées par l’Inquisition durant ses cinq siècles d’existence à travers l’Europe. France pour empêcher la diffusion de dogmes différents , principalement celui des cathares et des vaudois. Alors qu’elle était sur le déclin, ses opposants, en particulier les protestants des pays colonisateurs concurrents de l’Empire espagnol, ont commencé une campagne de contre-propagande qui a popularisé une exagération de sa violence réelle.


L’éclosion des nouveaux mouvements de laïcs dans l’Église après le concile Vatican II a suscité de l’engouement, mais aussi des questions et des réserves. Dans ce débat, la contribution théologique de Joseph Ratzinger mérite d’être relevée.
En approfondissant l’intelligibilité théologique de ces nouvelles réalités
ecclésiales, le théologien allemand noue de nombreuses problématiques particulièrement étudiées dans son oeuvre ecclésiologique. Ainsi, au coeur
de ses interventions sur les nouveaux mouvements, sont abordées des
questions essentielles, telles que la nature de l’Église, son renouveau, la mission des ministères pétrinien et épiscopal, le rapport entre Église universelle et Église particulière, l’apostolicité de l’Église et la participation à sa mission, le statut de l’histoire pour saisir des principes théologiques centraux pour la vie de l’Église.
Après avoir précisé le contexte et la source augustinienne de l’ecclésiologie
ratzingérienne, l’ouvrage examine ces problématiques ecclésiologiques et
épistémologiques afin de relever les éléments structurants de l’oeuvre du
théologien. L’étude peut alors présenter les raisons de l’accueil réservé par
Joseph Ratzinger aux nouveaux mouvements, leur lieu théologique, leur
crédibilité et leurs limites pour la mission de l’Église.
Dominique Waymel, soeur apostolique de Saint-Jean, est entrée dans la congrégation
en 1993 après un doctorat de physique atomique et moléculaire à Paris VI-Pierre et Marie Curie. Maître en philosophie, docteur en théologie, elle enseigne à l’Institut Catholique de Paris et au Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux, ainsi qu’au Studium de Théologie de la Congrégation Saint-Jean à Rimont.

Dans l’Histoire, il y a eu plusieurs juridictions spécialisées de ce type. 1542, remplacée par la Sacrée Congrégation du Saint-Office en 1908. Le présent article traite du fonctionnement institutionnel et procédural de l’Inquisition, par rapport à l’approche catholique de l’hérésie et à sa justification politique. Saint Dominique présidant un auto da fé, Pedro Berruguete, 1475, musée du Prado.

Saint Dominique est mort deux siècles avant la création de l’Inquisition espagnole, et les exécutions n’avaient généralement pas lieu pendant les cérémonies d’auto da fé. L’Inquisition a été rendue possible par la conjonction de plusieurs idées : la notion d’hérésie ou d’erreur religieuse, d’une part et la notion de devoir religieux de l’État, d’autre part. Cette conjonction est déjà visible dans l’édit de Thessalonique de 380. Avant la publication d’Excommunicamus, l’acte fondateur de l’Inquisition médiévale confiée principalement aux moines dominicains, par le pape Grégoire IX en 1231, la lutte contre l’hérésie s’est développée en plusieurs étapes. Au haut Moyen Âge, l’hérétique est comme un lépreux qu’il faut éloigner du corps sain des fidèles par l’excommunication, puis par l’exil ou la confiscation des biens. Au bas Moyen Âge, l’hérésie constitue une rupture du lien social.

Tout accident spirituel semble dans ce contexte plus grave qu’un accident physique. Inquisition contre les spirituels, dissidents de l’ordre des franciscains, puis les béguins. L’hérésie n’est pas seulement affaire de doctrine : elle est vue comme un crime global contre Dieu, les princes, la société — ce qui alors revient au même. Cette implication des autorités laïques entre en conflit avec l’autorité de l’Église : des tribunaux royaux ou impériaux se prononcent sur des problèmes de doctrine. Dès le début, l’Inquisition est donc fondée sur le principe de la collaboration et du partage des tâches entre l’Église et les autorités laïques, chacun intervenant dans son domaine et suivant sa responsabilité propre.

La lutte contre les hérésies n’est pas née avec l’Inquisition. La lutte anti-hérésies n’est pas du seul domaine de la papauté : au contraire, en raison de ses dimensions sociales, les États s’en chargent eux-mêmes. Robert le Pieux avait fait brûler dix clercs de la cathédrale d’Orléans. Ces dispositions bientôt ne suffisent plus : le pouvoir des évêques reste limité à leur territoire alors que l’aire d’influence des hérésies est mouvante, et couvre souvent plusieurs diocèses.

Dans ce cas, l’évêque ne peut réprimer que la partie qui est dans sa juridiction, ce qui est peu efficace. La doctrine cathare étant bien plus répandue et grandissante que les petites hérésies habituelles, le système des évêchés ne suffit plus. Certains prêtres catholiques changent même de camp pour rejoindre les  bons hommes . Le pape envoie alors deux légats, en 1198,  répandre la Parole de Dieu , et leur donne tous les pouvoirs et une méthode de jugement. L’Église et les États recherchent donc de nouveaux moyens plus efficaces de lutte. D’abord, le IVe concile du Latran en 1215 évoque la possibilité d’un personnel spécialisé, mais restant dans le cadre diocésain. Apparaît ensuite la procédure dénonciatoire, fondée sur une simple dénonciation et non plus une plainte en bonne et due forme.

La procédure inquisitoire confère au juge l’initiative de la poursuite. Soit il trouve des accusateurs précis par le biais d’une enquête, générale ou individuelle, soit il se charge lui-même d’administrer la preuve. L’ensemble de la procédure fait une large place à l’acte écrit, au témoignage et à l’aveu. La procédure inquisitoire est utilisée d’abord à des fins de discipline ecclésiastique : répression de la simonie, contestations d’élections abbatiales, etc. Cependant, elle se déploie très vite dans le champ de la lutte contre les hérésies. La lutte contre les hérétiques puise dans de nombreuses traditions pour se définir : parallèlement à la résurgence du droit romain, les traditions germaniques sont également utilisées. 1224, dans le statut accordé à la ville de Catane, d’appliquer la peine du feu aux hérétiques de Lombardie.

C’est la première décision systématique de ce genre. Le fonctionnement de l’Inquisition relève à la fois du domaine du droit et de celui de la religion. Tomás de Torquemada, premier Grand Inquisiteur d’Espagne. Pour le fonctionnement du droit canonique, les procès et jugements dans l’Église relèvent d’un tribunal ecclésiastique, administré sous l’autorité de l’ordinaire du lieu, le plus souvent l’évêque. Quand cette organisation locale se révèle insuffisante ou inadaptée pour défendre les besoins de la foi, le pape peut décider de créer une fonction d’inquisiteur. C’est un représentant à qui le pape délègue son autorité, pour juger toutes les questions relatives à la foi dans une région donnée.

C’est une juridiction  d’exception , ce qui signifie que lorsque cette juridiction existe, elle est seule compétente pour juger de l’orthodoxie d’une cause qui lui est soumise. Ils étaient choisis généralement parmi les franciscains ou les dominicains. L’organisation que met en place l’inquisiteur pour réaliser sa mission de jugement — donc un tribunal — est l’Inquisition, au sens administratif du terme. Au début de l’Inquisition, les inquisiteurs travaillaient par deux, avec des compétences égales. L’inquisiteur cumulait les pouvoirs d’un juge d’instruction, d’un procureur, et avait la faculté de se saisir d’une affaire.

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