Histoire Des Plantes Qui Naissent Aux Environs de Paris, Avec Leur Usage Dans La Medecine PDF

La garance des teinturiers, Rubia tinctorum L. Rubiacées qui fut largement cultivée pour la teinture rouge extraite de ses rhizomes. La garance est une plante vivace par ses rhizomes, à tiges couchées ou grimpantes mesurant jusqu’à 1,5 m histoire Des Plantes Qui Naissent Aux Environs de Paris, Avec Leur Usage Dans La Medecine PDF long.


Les feuilles apparemment verticillées sont munies sur les bords et sur la nervure principale de petits aiguillons qui permettent à la plante de se soutenir en s’appuyant sur les autres plantes. Elles comptent 4-5 pétales soudés à leur base. La tige se caractérise par une section carrée contrairement à beaucoup de végétaux qui ont une section ronde. Le rhizome peut atteindre 80 cm de long. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment jusqu’à la Première Guerre mondiale.

La garance a longtemps été utilisée en tant que pigment pour la confection de la laque de garance, un rouge rosé transparent très prisé à l’huile comme à l’aquarelle. La garance mélangée à l’alimentation des animaux colore leurs os en rouge, ainsi que le lait. La teinture mère de garance est traditionnellement utilisée dans l’insuffisance biliaire et les lithiases urinaires. Ses propriétés sont dues à la présence de dérivés de la famille des anthraquinones tel l’acide rubérythrique. Garidel cite dans son livre Plantes qui naissent aux environs d’Aix la garance qui  débouche les obstructions du foye, de la rate et de la matrice . Après avoir précisé qu’elle est une des cinq racines apéritives, il ajoute  les teinturiers s’en servent pour teindre en rouge qu’on appelle vulgairement rouge garance. Leclerc en 1933 en confirmait les propriétés diurétiques.

C’est pour cette dernière propriété que les Arabes l’emploient encore. Les principes actifs seraient l’acide rubérythrique, la purpurine, la chinizarine, etc. La garance indienne, rubia cordifolia, est une plante de la même famille utilisée comme purifiant sanguin en médecine ayurvédique et réputée pour soigner également les morsures de serpent et certaines affections dermatologiques comme l’acné. La garance était connue des Grecs et des Romains et l’ingénieur romain Vitruve précise qu’elle était employée dans les couleurs pourprées. La garance fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les jardins royaux par le capitulaire De Villis de l’an 812. La culture de la garance présentait un grand intérêt économique dans le domaine du textile grâce à la teinture extraite de ses racines. La spécialisation amenée par la culture intensive de cette ressource en Zélande engendra une ventilation qualitative du produit sur une base régionale.

La culture de cette plante en France a été tentée sous le règne de Louis XIV. Dans le but de stimuler une industrie teinturière française, Jean-Baptiste Colbert avait promulgué une instruction sur la culture et l’emploi de la garance. Arménien commença des essais de culture à Saint-Chamond, puis les renouvela à partir de 1763 avec plus de réussite dans le Comtat Venaissin avec l’appui du marquis de Caumont, premier consul d’Avignon. Son usage sera abandonné lors de la Première Guerre mondiale, fin 1914, au profit de l’uniforme bleu horizon, moins voyant. En 1839, on compte cinquante moulins à garance en Vaucluse, alors qu’il n’y avait que dix moulins sur la Sorgue en 1804. Il ne subsiste plus qu’un seul des cinquante moulins qui tournaient en 1880. La culture de cette plante nécessite des sols profonds, défoncés, humides mais sans excès pour éviter le pourrissement des racines.

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