Europe, N° 993/994, Janvier- : Georges Perec PDF

Il se fait connaître dès son premier roman, Les Choses. En 2017, il entre dans  La Pléiade . En 1941, la mère du petit Georges, pour lui sauver la vie, l’envoie en zone libre à Villard-de-Lans via un train de la Croix-Rouge. Georges europe, N° 993/994, Janvier- : Georges Perec PDF à Paris en 1945 où il est adopté par les Bienenfeld.


On a aujourd’hui dans l’oeil le visage que Perec s’est fabriqué au fil des années soixante-dix, figure comme triangulaire, barbichette et chevelure assyrienne, buissonnant sur les hauteurs. Mais au-delà de cette image, ce qui frappe, c’est un visage travaillé par l’intelligence, avec son regard clair souvent visité par l’humour. Le destin de Georges Perec (1936-1982) fut pourtant précocement visité par la tragédie. Son père, engagé volontaire, est mort pour la défense de la France en juin 1940. Évacué en zone libre en 1941, l’enfant fut dès lors séparé de sa mère, déportée quelque temps plus tard et morte à Auschwitz.
Si les premiers livres publiés de Perec lui valurent l’estime de critiques perspicaces, c’est en 1978 qu’il connut un succès considérable avec La Vie mode d’emploi, bientôt traduit dans le monde entier.
Saluant la parution de ce chef-d’oeuvre, ltalo Calvino estima que Perec avait «l’art de résumer toute une tradition narrative et d’englober, dans une somme encyclopédique, des savoirs qui donnent forme à une image du monde ; le sens du présent qui inclut aussi tout un passé accumulé et le vertige du vide.» On peut, comme Calvino, considérer La Vie mode d’emploi comme le dernier événement véritable dans l’histoire du roman : un puzzle dans lequel le puzzle lui-même donne au livre le thème de l’intrigue et le modèle formel, et où le projet structurel et la poésie la plus haute coexistent avec un naturel prodigieux. Mais c’est l’oeuvre entière de Perec qui s’avère captivante dans chacune de ses phases et qui nous invite à une multiplicité de parcours, qu’il s’agisse du Perec d’avant Les Choses et Un homme qui dort, de sa période dite «sociologique», des années oulipiennes, de sa prise en compte des événements de la vie quotidienne et de ce qu’il appelait l’infra-ordinaire, ou encore de la façon si singulière dont il aborde le thème autobiographique et renouvelle la narration de soi en inventant des architectures neuves, complexes, agrandissant le labyrinthe qu’est toute vie.

ÉTUDES ET TEXTES DE

Maxime Decout, Enrique Vila-Matas, Claude Burgelin, Jean-Pierre Martin, Christelle Reggiani, Gianni Celati, Dominique Rabaté, Michael Sheringham, Marilyne Heck, Pierre Getzler, Jean-Charles Depaule, Gabriel Josipovici, Alain Schaffner, François Souvay, Jean-Luc Joly, Pierre Furlan, Julien Roumette, Raoul Delemazure, Yannick Séité, Marcel Bénabou, Florence Plet-Nicolas, Denis Cosnard, Ralph Schock, Maurice Olender, Paul Fournel.

CAHIER DE CRÉATION

Marek Kedzierski ° Julien Hertz ° Pilar Gonzalez España
Peter Swanborn ° Annie Salager ° François Rannou.

Leur fille est l’écrivaine Bianca Lamblin. Ils se séparent en 1969, mais ils ne divorceront jamais, restant malgré tout étroitement liés jusqu’à la mort de Perec. On lui doit le titre de l’ouvrage Les Choses et elle participe aussi aux rencontres destinées à créer des phrases sans la lettre  e , pour La Disparition. Georges Perec entame une psychothérapie avec Françoise Dolto en 1949. En 1954, après une hypokhâgne au lycée Henri-IV, il commence des études d’histoire qu’il abandonne rapidement. De janvier 1958 à décembre 1959, il fait son service militaire à Pau, dans un régiment de parachutistes.

Après avoir fait des études supérieures aux facultés des lettres de Paris et de Tunis, Georges Perec entame sa carrière d’écrivain. Cette cooptation marque un point important dans son œuvre littéraire puisque désormais ses textes suivront en général des contraintes de type oulipien. Perec est, avec Raymond Queneau et Italo Calvino, l’un des membres de l’Ouvroir dont les ouvrages ont eu le plus de succès. De 1971 à 1975, il fait une psychanalyse avec Jean-Bertrand Pontalis. En 1976, il publie des mots croisés à un rythme hebdomadaire dans l’hebdomadaire Le Point. En 1978, il publie La Vie mode d’emploi et reçoit pour cette œuvre le Prix Médicis.

Au même moment, il quitte son emploi au CNRS afin de se consacrer entièrement à l’écriture consécutivement au succès de cette œuvre. Il vit les six dernières années de son existence avec la cinéaste Catherine Binet dont il produit le film Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz. Perec, découvert en 1982, porte son nom. La Poste française a édité un timbre Georges Perec 1936-1982 dessiné par Marc Taraskoff, d’après une photo d’Anne de Brunhoff, et gravé par Pierre Albuisson, émis le 23 septembre 2002. Le 7 mars 2016, soit 80 ans après sa naissance, Google lui dédie un doodle. Georges Perec s’est fait connaître dès la parution de son premier roman, Les choses. Une histoire des années soixante, publié par Maurice Nadeau dans sa collection des Lettres nouvelles, chez Julliard.

1965 et rencontre un vif succès. Ayant signé chez Denoël pour ses cinq prochains livres, il surprend avec son opus suivant, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Ensuite il achève W ou le souvenir d’enfance, qui paraît en 1975. Très estimé, ce grand roman moderne obtient un succès critique qui place son auteur parmi les meilleurs de son temps. La consécration atteint Georges Perec en 1978, lors de la publication de La Vie mode d’emploi. Passionné de géographie, il définit la réalité sociale comme  un ensemble de constructions historiques et quotidiennes des acteurs individuels et collectifs. La galerie de Cornélius van der Geest, par Willem van Haecht, 1628, tableau ayant inspiré Georges Perec pour son roman Un cabinet d’amateur.

Comme d’autres auteurs français des années 1960, Georges Perec a également, en Allemagne, une activité d’auteur radiophonique. Il pratique l’écriture feuilletonnesque à partir du 81e numéro de la Quinzaine littéraire, le bimensuel de Maurice Nadeau, où il livre ce qui deviendra la partie fictionnelle de W ou le souvenir d’enfance. En 1974, Georges Perec porte Un Homme qui dort à l’écran, en collaboration avec Bernard Queysanne. L’œuvre de Georges Perec s’articule autour de l’analyse du quotidien, le recours à l’observation et à l’autobiographie ainsi que le goût des histoires, mais malgré sa quête identitaire et l’angoisse de la disparition, jouer et notamment jouer avec les mots est une des caractéristiques fortes de ses travaux.

Au nombre de ses exercices de style les plus remarquables figurent notamment La Disparition et Les Revenentes. Cette confidence décontenance quelque peu les exégètes. Il s’agissait d’une invitation à lire autrement, de manière infra-textuelle. C’est également ce que pointe la célèbre citation, tirée du roman Michel Strogoff de Jules Verne,  Regarde de tous tes yeux, regarde , placée en tête de La Vie mode d’emploi. Il s’agit de ne pas perdre de vue le fil conducteur — le fil télégraphique coupé chez Verne. Mais où peuvent se trouver ces e ? Il suffit de transcrire les chiffres inclus dans la Disparition par la lettre dont ils désignent le rang dans l’alphabet.

En fait, ce que La Disparition nous invite à découvrir, c’est un nom, jamais cité, et qui contient la lettre e. Un beau jour, la manie des sciences m’ayant repris, j’étais allé sonner au petit rez-de-chaussée de Volcan, dont les anciennes leçons m’avaient laissé un souvenir de grande clarté. Ce pseudonyme en masque un autre dissimulant l’état civil de celui pour qui Raymond Roussel fit construire — boulevard Richard-Wallace — un laboratoire destiné, notamment, à des travaux portant sur l’utilisation du vide. La transposition en poésie d’un principe de la musique dodécaphonique : ne pas réutiliser une consonne d’un ensemble avant d’avoir fait usage de toutes les autres consonnes du même ensemble.

Georges Perec explore de façon méthodique la vie des différents habitants d’un immeuble, selon une contrainte de circulation : la polygraphie du cavalier. Des mots croisés et des jeux de logique, créés pour les hebdomadaires Le Point et Télérama, et pour le mensuel Ça m’intéresse. Le pangramme  Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume  lui a été parfois attribué, mais a été publié dans un manuel de dactylographie en 1924. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Les Mots croisés II, Paris, P. Vœux, Paris, Éditions du Seuil, coll. L’Infra-ordinaire, Paris, Éditions du Seuil, coll.

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