Esthétique de l’existence : De la connaissance de soi PDF

L’École de Constance construit sa théorie de la réception et de la lecture sur cette tension entre la permanence du texte et l’impermanence de la lecture, plutôt que d’écarter ce second terme moins facile d’approche. Depuis le milieu des années 1970, esthétique de l’existence : De la connaissance de soi PDF théories de la réception et de la lecture acceptent cette ambivalence comme caractéristique de la réalisation et de l’actualisation des textes littéraires.


Apprendre à mieux se connaître et à transcender ses rejets et ses peurs pour accéder à une meilleure vie, voilà le pari de cet ouvrage audacieux. L’auteur y aborde les thèmes éternels du désir, de la passion, du bonheur, du temps qui passe, de la mort, de l’écriture intime et de l’ego.  » La connaissance de soi « , dit-il,  » c’est éviter de séparer ou d’opposer, mais plutôt révéler l’être que l’on est ou qui est en devenir « . S’appuyant sur le fait que nous devons d’abord acquérir la lucidité et la sagesse philosophique, il nous enseigne que le bonheur est intérieur, contrairement à ce que nous inculque une société telle que la nôtre, fondée sur l’apparence et le profit immédiat. Esthétique de l’existence déploie le large éventail des questions que tout être humain est en droit de se poser. Et, même si cet ouvrage de vulgarisation ne prétend pas y apporter toutes les réponses, il a au moins le mérite de nous inciter à une profonde réflexion.

Autrement dit, on constate depuis peu que la lecture et la réception de la littérature sont aussi productives de sens : on ne fait plus l’économie de la triade AUTEUR-TEXTE-LECTEUR. Robert Jauss entend revaloriser l’histoire de la littérature, qui a perdu de l’importance dans le monde moderne. Son constat est radical : l’historicité de la littérature repose uniquement  sur l’expérience que les lecteurs font d’abord des œuvres . L’histoire objectiviste ignore ou feint d’ignorer que son objet n’est rien de plus qu’une re-création ou une relecture dans l’esprit de l’historien. La croyance en l’existence de faits historiques objectifs dont l’interprétation n’est pas problématique ne permet pas de saisir toutes les spécificités historiques des objets à l’étude. Par exemple, les lecteurs de Don Quichotte ou Jacques le Fataliste avaient dans leur horizon d’attente les romans de chevalerie.

L’œuvre est  reçue et jugée par rapport à l’arrière-plan de l’expérience de la vie quotidienne du lecteur . Bien que déjà inscrit dans le texte, le sens reste toujours à actualiser, rôle qui revient évidemment au public. Pour mieux comprendre le rôle du lecteur, il faut partir des prémisses de la Poétique d’Aristote qui sont à la base de l’expérience esthétique de Jauss. La poïésis est propre au créateur : c’est la dimension productrice de l’expérience esthétique. Par celle-ci, l’auteur libère la réalité de ce qui ne lui est pas familier et forme une réalité nouvelle, une fiction qui ne s’oppose pas à la réalité quotidienne mais nous renseigne sur elle.

L’aisthesis désigne la dimension réceptrice de l’expérience esthétique où un tiers état, le lecteur, extérieur à la sémiose, prend plaisir au sens et sa valeur. Dernier aspect de la Poétique d’Aristote repris par Jauss : la catharsis. Autrement dit, la catharsis est cette propension du lecteur à s’identifier aux personnages et aux situations véhiculés par le texte. En ce sens, Jauss parle d’effets communicatifs. Il s’établit un lien, entre le texte et le lecteur, qui est purement dialogique, où ceux-ci collaborent en vue de fonder l’expérience esthétique sur une inter-subjectivité.

Chez Wolfgang Iser, contrairement à Jauss où le sens est à révéler, le sens est toujours à construire. La lecture, c’est la rencontre de deux pôles : l’un, artistique et propre au texte, l’autre esthétique et propre au lecteur. Donc, le texte, portant en lui-même les conditions de sa réalisation, parle au lecteur, le guide afin qu’il réalise ce qui y est implicite. Ce qui est implicite au texte, c’est d’abord la situation qui sert d’arrière-plan à sa réalisation. Pour que la communication s’accomplisse, il doit s’établir un rapport entre texte et lecteur.

Donc, pour établir une telle situation, il faut nécessairement que la lecture soit dialogique :  il en peut naître désormais la situation-cadre où le texte et le lecteur atteignent à la convergence. Homologue de l’horizon d’attente de Jauss, le répertoire du texte sert à établir cette situation-cadre. En effet, le texte génère lui-même son propre réseau de signification. Donc, le répertoire du texte ne distingue pas la fiction de la réalité mais use de la première pour nous informer sur la seconde. Il s’agit donc d’établir un référent commun. Pour ce faire, il puise dans deux types de normes : littéraires et extra-littéraires, ou textuelles et extra-textuelles.

Ainsi se dégage une équivalence, ou une distance, entre le répertoire et le monde, un peu de la même façon que l’écart esthétique. Jean Starobinski, « Préface », Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, coll. L’histoire de la littérature: un défi à la théorie littéraire , Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, coll. Jauss, La jouissance esthétique, Poétique, vol.

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