EQUITATION RAISONNEE PDF

Bourgelat est le précurseur de l’institutionnalisation de l’enseignement vétérinaire, à travers la fondation des deux premières écoles vétérinaires du monde, qu’il a impulsée à Lyon en 1761, puis à Maisons-Alfort en 1765. Le père de Claude Bourgelat EQUITATION RAISONNEE PDF un riche commerçant qui partage ses activités entre Lyon, où son élection à l’échevinage le fait accéder à la noblesse, et Livourne en Italie. Bourgelat démarre donc sa vie d’adulte avec très peu de moyens. Entre 1724 et 1729, il sert dans la troupe des mousquetaires.


Puis, on le retrouve à Lyon où il tient un cabinet d’avocat de 1733 à 1740. Il plaide des affaires pour la haute bourgeoisie et la noblesse lyonnaise. Les relations qu’il se crée alors dans cette sphère du pouvoir local lui serviront pour la réalisation de ses ambitions professionnelles. Le 29 juillet 1740, Bourgelat obtient le brevet  d’écuyer du roi tenant l’Académie d’équitation de Lyon .

Il occupe cette fonction de 1740 à 1765. Dès 1744, il publie son premier ouvrage Le Nouveau Newcastle. Ce traité d’équitation qui présente une nouvelle approche de l’art équestre lui vaut une notoriété considérable dans l’Europe entière. Bourgelat remarque des anomalies dans les descriptions antérieures de la biomécanique du cheval. Il les attribue à des erreurs dans les connaissances anatomiques de l’époque. Il décide alors de se consacrer à des recherches dans ce domaine et réclame, pour ce faire, la collaboration des chirurgiens humains exerçant à l’hôtel-Dieu. Ainsi, Bourgelat se transforme en auteur scientifique.

En 1750, il publie le tome I des Éléments d’hippiatrique. La conception du plan de cet ouvrage englobe toutes les notions d’anatomie, de physiologie, de pathologie, d’hygiène, de thérapeutique voire de zootechnie y compris la visite d’achat du cheval. L’auteur les aborde avec un esprit qui fait appel à l’expérience, à l’observation, au raisonnement, à l’analyse et à la déduction. En 1752, Bourgelat est nommé correspondant de l’Académie des sciences de Paris.

C’est la reconnaissance de sa valeur scientifique et de sa qualité de savant du siècle des Lumières. L’arrivée à Lyon en 1754 d’Henri Léonard Bertin est une providence pour Bourgelat. Ce jeune haut fonctionnaire vient y exercer les fonctions d’intendant de la Généralité, on dirait aujourd’hui préfet de région. Bertin veut aussi une École à Paris et souhaite en confier la direction à Bourgelat.

Le 1er juin 1764, un arrêt royal nomme Bourgelat directeur et inspecteur général de l’École royale vétérinaire de Lyon et de toutes les écoles vétérinaires établies ou à établir dans le Royaume. Il s’installe à Paris fin juin 1765. La création de l’école vétérinaire de Lyon, suivie quatre ans plus tard de celle d’Alfort a un retentissement dans toute l’Europe. Dès leur fondation, Bourgelat accepte des élèves venus de Suisse, d’Angleterre, de Suède, du Danemark, des états germaniques, d’Italie. L’héritage légué par Bourgelat ne s’arrête pas à la médecine animale. Il est le pionnier du concept mondialement connu de nos jours sous la formule  One health .

C’est dans L’Encyclopédie qu’il lance les premières bases de la biopathologie comparée. La médecine de l’homme est utile à celle du cheval et réciproquement. L’analogie de mécanisme du corps de l’homme et de l’animal, est véritablement constante, s’éloigner de la route qui conduit à la guérison de l’un et chercher de nouvelles voies pour la guérison de l’autre, c’est s’exposer à tomber dans des écarts criminels. Nous nous estimerons trop heureux si les personnes à qui la vie des hommes est confiée, persuadées des progrès que leur art peut attendre encore de la médecine comparée, daignait nous mettre à portée d’éprouver,, sur des animaux ce que la prudence ne leur permet pas de tenter sur la nature humaine. Nous avons connu l’intimité des rapports qui existent entre la machine humaine et la machine animale, rapports qui sont tels que l’une et l’autre médecine s’éclaireront et se perfectionneront mutuellement. Les portes de nos Ecoles sont ouvertes à tous ceux qui, chargés par état de veiller à la conservation des hommes, auront acquis,, le droit d’y venir interroger la nature, chercher des analogies et vérifier les idées dont la confirmation peut être utile à l’espèce humaine.

Claude Bourgelat apparait donc bien aussi comme le promoteur du concept de biopathologie comparée sans lequel la médecine moderne n’aurait jamais pu connaitre aussi rapidement les fantastiques progrès qu’elle a connus au cours des deux siècles suivants. Claude Bourgelat est mort à Paris le 3 janvier 1779, probablement des suites d’une crise de goutte, maladie dont il souffrait beaucoup depuis près de trente ans. Il peut, sans nul doute, être qualifié de visionnaire et de bienfaiteur de l’humanité. Cependant, seuls quelques vétérinaires de par le monde connaissent son nom et son œuvre.

Il reste encore aujourd’hui injustement et dramatiquement méconnu. En France, tout vétérinaire entrant en fonction doit prêter le serment de Bourgelat. Art vétérinaire, ou Médecine des animaux, Paris, Impr. Essai sur les appareils et sur les bandages propres aux quadrupèdes, avec Philibert Chabert, Paris, Impr. Traitement pour l’épizootie qui règne sur les bêtes à cornes, Paris, Impr. Essai théorique et pratique sur la ferrure, à l’usage des Élèves des Écoles vétérinaires, avec Philibert Chabert, 1re éd. Mémoire sur les maladies contagieuses du bétail, avec un sommaire sur une question très-importante, et suivi de l’avis de plusieurs médecins que l’auteur a cru devoir consulter, Paris, Impr.

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