Corps, décor, cadre: questionnements autour du format 1,33 PDF

La peinture de paysage du romantisme tardif exalte souvent les espaces naturels grandioses, sauvages, montagneux, et corps, décor, cadre: questionnements autour du format 1,33 PDF panoramas. Estes Park, Colorado, Whyte’s Lake, Albert Bierstadt, 1877.


-« Tourner en 4/3, est-ce que ça annihile pas une certaine forme d’esthétique? » -« Ça annihile surtout une certaine place de la perche! » Si l’on considère le format 1,33 à la fois comme une réduction horizontale et comme un élargissement vertical du cadre c’est que les choix de composition vont pouvoir plutôt orienter la perception du spectateur dans un sens ou bien dans l’autre. Et que parmi les sujets possibles pour un cadre en 4/3, l’être humain est sans doute privilégié. Si aujourd’hui, l’utilisation du format 4/3 dans un film de fiction est devenu un choix esthétique fort, voire « tendance », ce choix naît d’avoir un jour été une contrainte. On ne peut oublier que c’est grâce à l’inventivité et à l’intelligence de réalisateurs qui étaient astreints à ce format que ce choix peut aujourd’hui découler d’une vraie volonté artistique. En partant de ma propre expérience de tournage comme chef opératrice et réalisatrice, et en passant par des films comme « Metropolis » de Lang à « Paranoïd Park » de Van Sant, une réflexion sur la composition d’un cadre en 4/3.

La peinture de paysage est un genre pictural figuratif qui représente le paysage. Associé à d’autres éléments, narratifs, allégoriques ou autres, le paysage se retrouve dans le monde romain antique, les miniatures du Moyen Âge occidental, ainsi que dans la miniature persane et la peinture indienne. La théorie distingue les paysages composés, qui visent à produire l’impression que donne une contrée par la composition picturale d’éléments qui s’y trouvent, et les  vues  qui présentent ce qu’on voit dans un site particulier. Scène de l’Odyssée dans un paysage marin.

Paysage égyptien avec un petit temple. Dans l’antiquité grecque et romaine, le paysage n’est peint que comme fond ou environnement destiné à mettre en contexte une scène principale. La peinture de la Grèce antique semble n’avoir qu’évoqué discrètement le contexte naturel d’une scène centrée sur l’action des dieux, des héros ou des hommes. Avant cette découverte la peinture de paysage semblait avoir été « inventée » par les Romains, plus tardivement. L’art étrusque, par exemple, ne le fait que rarement apparaitre, comme dans la Tombe des Chasseurs de la nécropole de Monterozzi où l’on voit la perspective du paysage au-delà des tombants d’un dais.

Cela semble correspondre à la tradition du paganisme, où chaque lieu naturel, ici un fragment de paysage  mythologique , est hanté par des dieux spécifiques. Ceci pourrait aussi s’appliquer à la représentation de jardins, mais on manque, ici, d’indice probant. Une évolution du goût s’y manifesterait. Lucrèce et Tibulle, âge d’or que l’époque d’Auguste a permis, un temps, d’espérer. Travaux des champs : mois de mars, château de Lusignan à l’arrière-plan.

Durant tout le Moyen Âge chrétien, le paysage n’est conçu que comme œuvre divine et sa représentation fait référence à son créateur. Néanmoins ils servent encore de faire-valoir à une scène religieuse ou allégorique, voire à un portrait. Pinacothèque nationale de Sienne, deux petites peintures sur bois, qu’on date généralement de 1338 ou 1339, sont considérées comme les premiers  paysages purs  de l’histoire de la peinture occidentale, à une époque où le paysage est déjà un genre noble à part entière et depuis longtemps en Chine. Dès avant la Renaissance, le paysage sert parfois à exprimer les doctrines politiques. C’est le cas dans l’ Allégorie et effets du Bon et du Mauvais Gouvernement d’Ambrogio Lorenzetti en 1338-1339. Saint François au désert, Giovanni Bellini, v.

This entry was posted in Droit. Bookmark the permalink.