Areva en Afrique : Une face cachée du nucléaire français PDF

Faut-il prendre areva en Afrique : Une face cachée du nucléaire français PDF’effondrement au sérieux ? Image : La table périodique des éléments selon leur abondance.


Contrecarrant « le mythe de l’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire », puisque l’uranium alimentant le nucléaire civil et militaire provient depuis longtemps et pour une large part du sous-sol africain, Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se procurent un uranium au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, AREVA obtient un tiers de son uranium au Niger, sans que ses habitants n’en tirent de bénéfices – le pays étant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain – et a pu compter sur l’aide toujours active des représentants officiels de l’Etat français, mais aussi sur l’appui des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique. L’auteur démontre que les acteurs historiques du nucléaire français sont pour partie les mêmes que ceux de ces réseaux officieux et dévoile les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité ne viennent pas ternir une image de marque qu’elle voudrait immaculée, alors que « l’Afrique sera dans les années à venir le coeur de [son] activité ».

L’insoluble équation des ressources C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech. Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks. Après avoir exploité les ressources les plus concentrées, nous sommes amenés à exploiter des ressources de moins en moins concentrées et donc de plus en plus difficiles à extraire et qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour être transformées. Le problème est que nous avons  commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré . Pour continuer à trouver des ressources, il faudra demain creuser plus profond, extraire un minerai de moindre qualité, et surtout dépenser plus d’énergie par tonne de métal produite. L’extraction n’est limitée que par le prix que nous serons capables de payer pour obtenir tel ou tel minerai.

Vidéo : Arte proposait récemment un excellent reportage sur la disparition du sable qui illustre parfaitement, par l’exemple, les enjeux de la raréfaction des ressources, sur une matière première qui, quand on l’observe depuis n’importe quelle plage du monde, semble pourtant inépuisable. Le mythe de la croissance verte Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible.

Monter les taux de recyclage est donc une affaire très compliquée, qui ne se limite pas à la faculté de collecter les produits en fin de vie et de les intégrer dans une chaîne de traitement. Dans de nombreux cas, il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets, tant pour les composants utilisés que pour les matières premières même. Les technologies que nous espérons salvatrices ne font qu’ajouter à ces difficultés. Car les nouvelles technologies vertes sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage , explique le spécialiste en prenant plusieurs exemples.

Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle. Comme il le dit dans son article :  Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie . Et encore, l’ingénieur n’évoque pas l’effet rebond et le paradoxe de Jevons qui nous conduisent à l’emballement des besoins. Certains voient dans les énergies renouvelables une possibilité de relocalisation, de maîtrise par les territoires de la production énergétique. Pour lui, la disparition à terme des ressources doit surtout nous poser une question sur le sens de la plupart de nos innovations et de nos comportements. Nous sommes dans une impasse extractiviste, productiviste et consumériste. Nous sommes dans ce que le théoricien des sciences sociales, Roberto Unger appelle  la dictature de l’absence d’alternatives .

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