1932E CHALUS PDF

Jeanne, miniature de Robinet Testard tirée d’un manuscrit du De mulieribus claris de Boccace, vers 1488-1496, BNF, Fr. Jeanne Ire de Naples était la fille de Charles, duc de Calabre, et de Marie de Valois, sœur du roi de 1932E CHALUS PDF Philippe VI. Bas-relief de Jeanne Ire de Naples, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Elle eut une seule sœur, Marie de Calabre.


Son grand-père Robert, qui avait déjà perdu Louis, son deuxième fils, en 1310, se vit confronté au grave problème de sa succession, son royaume étant convoité par ses neveux. Pologne, avait eu deux enfants : Louis et André. Pour se réconcilier avec cette branche hongroise de sa famille, le roi Robert décida de marier, malgré leur jeune âge, Jeanne et André de Hongrie. Jeanne hérita du royaume de Naples, charge imposante pour laquelle elle était très mal préparée. Jean de Duras, deuxième frère cadet, époux d’Agnès de Périgord sœur du cardinal Talleyrand de Périgord. Jeanne atteignant sa majorité, il était nécessaire de procéder au couronnement officiel de la souveraine. Conformément aux dispositions du testament de son grand-père, Jeanne s’opposait au couronnement de son mari André, réclamé avec insistance par sa famille hongroise.

Un terme tragique fut mis à ce différend par l’assassinat d’André de Hongrie dans la nuit du 18 au 19 septembre 1345 à Aversa près de Naples. Les avis sont partagés sur l’implication réelle de la reine dans cet assassinat. Louis le grand, frère aîné d’André, ne pouvait que saisir cette occasion pour tenter une annexion du royaume de Naples. Au cours de ces évènements tumultueux, le 20 juin 1346, Jeanne épousa à Naples son cousin Louis de Tarente.

Devant cette menace, Jeanne qui s’était retirée au Château-Neuf et confiante en la fidélité de Marseille, avait préparé son évasion afin d’échapper à la vengeance de Louis. Elle signait les lettres patentes qui unissaient la ville haute et la ville basse, assurant ainsi l’unité administrative. Elle se rendit ensuite à Aix-en-Provence où l’accueil fut très différent, les barons de Provence lui manifestant clairement leur hostilité. Elle arriva ensuite le 15 mars en Avignon véritable but de son voyage pour y rencontrer le pape. Louis de Tarente étant arrivé de son côté à Aigues-Mortes, le couple fut reçu par Clément VI. Un mois après son arrivée, elle violait ses promesses en révoquant le 20 septembre 1348 le sénéchal Raymond d’Agoult et nommant à sa place le napolitain Giovanni Barrili. Certains auteurs pensent que ce court séjour de Jeanne en Provence est à l’origine de la forte mythologie « de la Reine Jeanne » qui imprègne la Provence, et qui fit que l’on baptisa de son nom quantité de châteaux, ponts, tours et chemins.

Très vite Louis de Tarente ne se préoccupa que de sa prise de pouvoir au détriment de la reine Jeanne. Louis de Tarente promit de rendre à la reine son indépendance. Peu après Louis de Hongrie, grièvement blessé, rentrait dans son pays. Le 23 mars 1352 la paix était proclamée entre Naples et la Hongrie. L’exercice du pouvoir commun entre la reine et Louis de Tarente avait été réglé par un édit qui laissait à ce dernier la liberté de gouverner à son gré. Mais en fait le véritable maître était son conseiller, Niccolo Acciaiuoli. En 1356 les souverains organisèrent la reconquête de la Sicile.

Philippe de Tarente, frère de Louis, avait épousé Marie veuve de Charles de Duras et était envoyé en Provence en tant que vicaire général pour lutter contre les différentes compagnies qui ravageaient la Provence. Il acheta le concours des troupes du comte d’Armagnac qui se montrèrent aussi redoutables pour les populations locales. Louis de Tarente, ayant pris froid en prenant un bain, tomba malade. La mort de Louis de Tarente, mari autoritaire et brutal, rendait à la reine un pouvoir dont elle n’avait jamais pu disposer. Ce décès faisait disparaître un élément de discorde.

Devant l’opposition résolue de la reine, Jacques IV finit par s’éloigner et partit pour l’Espagne soutenir Henri de Trastamare contre Pierre le Cruel, roi de Castille. Par ailleurs les prétentions de Louis d’Anjou, frère du roi de France Charles V et lieutenant du Languedoc, s’affirmaient. Après ces périodes de troubles, Jeanne put connaître une période de calme relatif grâce à sa bonne entente avec le Saint-Siège aussi bien avec Urbain V qu’avec Grégoire XI. De plus, la reine retrouvait son domaine piémontais grâce aux succès du chef de guerre Othon de Brunswick qu’elle épousa plus tard. 1373 avait légué ses prétentions à son beau-frère François des Baux, duc d’Andria, et à son fils Jacques. François des Baux revendiqua par les armes les biens du défunt réunis à la couronne. Jeanne allait bientôt s’aliéner Charles III de Duras lui-même.

Bien que ce dernier fut réduit à l’état de prince consort, Charles III s’en irrita et se rapprocha de Louis de Hongrie, ennemi de la reine Jeanne. Il se produisit alors le grand schisme, l’une des plus grandes fractures de la chrétienté au Moyen Âge. Deux papes furent élus : Bartolomo Prignano archevêque de Bari qui prit le nom d’Urbain VI et Robert, cardinal de Genève qui devint Clément VII. Le premier résida à Rome, le second à Avignon.

Urbain VI de son côté encouragea les ennemis de Jeanne : le roi de Hongrie, le duc d’Andria et Charles III de Duras. Se trouvant dans une situation critique, Jeanne fit appel à Clément VII qui lui conseilla d’avoir recours à Louis d’Anjou. Cet accord réalisait les ambitions que le duc d’Anjou nourrissait depuis longtemps. Charles III n’hésita alors plus et en novembre 1380 descendit vers Naples à la tête d’une armée composée surtout de Hongrois.

Othon de Brunswick qui n’avait qu’un faible contingent ne put arrêter les troupes de Charles III qui franchissaient le 28 juin 1381 les frontières du royaume de Naples. Il passa par Turin et Milan. Vers le début septembre, il se trouvait à Amatrice, proche de Rome. Mais celle qu’il venait secourir était déjà morte assassinée. Elle fut étouffée sous des oreillers afin de faire croire à une mort naturelle.

La reine Jeanne est également le personnage principal du film muet italien Giovanna I d’Angiò, regina di Napoli, réalisé en 1920 par Gemma Stagno Bellincioni. Marseille, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1924, 966 p. Eugène Jarry, La mort de Jeanne II, reine de Jérusalem et de Sicile, en 1382. Vincent Mignot, Histoire de Jeanne Première, reine de Naples, comtesse de Piémont, de Provence et de Forcalquier, La Haye et Paris, Librairie Le Clerc, 1764, 368 p. Tome 1 La jeunesse de la reine Jeanne, Monaco et Paris, janvier 1932, 730 p. Tome 2 La jeunesse de la reine Jeanne, Monaco et Paris, 1932, 600 p. Tome 3 Le règne de Louis de Tarente, Monaco et Paris, 1937, 726 p.

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